Vous n’êtes pas caché derrière votre ERP
Il y a une croyance tranquille, très répandue dans les directions RH, et elle va vous coûter cher. Elle tient en une phrase : mon métier est protégé, parce que mes données et mes process vivent dans un grand logiciel verrouillé, mon ERP, mon SIRH, mon ATS. Une forteresse. Personne n’y touche sans l’éditeur.
Cette forteresse vient de perdre ses murs. Et le responsable a un nom de trois lettres : MCP.
Ce qu’est un MCP, sans jargon
Imaginez le temps où chaque appareil avait son propre chargeur. Un câble par marque, un tiroir plein de fils inutiles. Puis l’USB-C est arrivé, une prise unique, et tout s’est branché sur tout.
Le MCP, c’est l’USB-C de l’intelligence artificielle. Un standard unique qui permet de connecter directement un logiciel, via son interface technique, à une IA. En clair, vous branchez votre système sur un grand modèle de langage, et l’IA peut désormais lire, écrire et agir dans ce système, en langage courant, sur votre simple demande.
Ce n’est pas une promesse de laboratoire. En dix-huit mois, le MCP est devenu le standard de toute l’industrie. Lancé par Anthropic fin 2024, il a été adopté par OpenAI, Google, Microsoft et AWS, puis confié à une fondation indépendante pour que personne ne le possède. Le kit pour le développer est passé de cent mille téléchargements par mois à quatre-vingt-dix-sept millions. Quand les rivaux les plus féroces de la tech adoptent tous la même prise en moins de deux ans, ce n’est pas une mode. C’est une bascule.
100k → 97M
Téléchargements mensuels du kit de développement MCP, en dix-huit mois.
18 mois
Pour devenir le standard de fait, adopté par tous les rivaux de la tech.
½ jour vs 20 ans
Nettoyer 20 000 contacts : une demi-journée, là où vingt ans n’avaient pas suffi.
Ce que ça change, raconté par mon week-end
Je vais vous donner un exemple que je viens de vivre, et que vous pourrez vérifier au moment où vous lisez ces lignes.
Je travaille sur Jarvi, mon logiciel de gestion de candidats. Jarvi vient de sortir son MCP. En une demi-journée, une seule, j’ai commencé à nettoyer une base de plus de vingt mille contacts. Remettre les numéros de téléphone au bon format. Reprendre toute la nomenclature. Mettre de l’ordre dans un chaos accumulé sur des années.
Posez-vous la question, si vous êtes du métier. Qui peut se vanter, dans le recrutement, d’avoir une base de données vraiment propre ? En vingt ans, je n’y étais jamais arrivé. Pas une fois. Là, c’est en train de se faire, et pour la première fois de ma carrière je vais avoir une base candidats propre, conforme au RGPD, qui se nettoie en partie toute seule, et qui fonctionne. Quand cet article paraîtra, ce sera fait.
Une demi-journée contre vingt ans. C’est ça, la prise universelle branchée sur le bon métier.
Le mur devient une porte
Voilà pourquoi votre forteresse a changé de nature. Hier, votre logiciel vous enfermait dans ses fonctions. Si l’éditeur n’avait pas prévu une fonctionnalité, elle n’existait pas, point final. Vous attendiez la prochaine version, parfois des années.
Avec un MCP, ce mur devient une porte. Le moindre processus de votre entreprise, à partir du moment où vous êtes capable de l’énoncer clairement, vous pouvez l’automatiser directement dans le système. Et même si votre logiciel n’a jamais prévu telle ou telle fonction, vous pouvez la lui ajouter par-dessus. La capacité de l’outil n’est plus décidée par l’éditeur seul. Elle est décidée par celui qui sait énoncer ce qu’il veut.
C’est une nouvelle là-dedans, et une menace. La bonne nouvelle, vous pouvez enfin faire faire à vos systèmes ce dont vous rêviez. La menace, quelqu’un d’autre le fera à votre place si vous ne le faites pas.
Là où ça devient mon métier
Et c’est ici que je commence à pousser plus loin. Je travaille désormais directement avec des fournisseurs d’ATS, les logiciels de recrutement, pour voir jusqu’où on peut aller. Améliorer des métriques, créer des tableaux de bord que le logiciel ne sait pas produire nativement, connecter la donnée à des IA externes. Parce qu’on a maintenant accès à la donnée, et qu’en y ajoutant la connaissance du métier de recruteur, on devrait réussir des choses qu’un ATS, par nature, ne sait pas faire.
Je ne sais pas encore si ça mérite le nom de compétence. Mais une chose est sûre : m’attaquer à des sujets qui, hier, étaient strictement impossibles tant que l’éditeur ne les avait pas livrés, ça ne me fait pas peur. Au contraire.
Le champ des possibles vient de s’ouvrir d’un coup. Énormément. La seule question qui reste, c’est de savoir qui va s’y engouffrer. L’éditeur de votre logiciel. Un prestataire extérieur. Ou vous.
- 2026TechAhead, Model Context Protocol, the Enterprise AI Integration Standard (USB-C de l’IA, adoption OpenAI mars 2025, Google avril 2025, don à la Linux Foundation décembre 2025, de cent mille à quatre-vingt-dix-sept millions de téléchargements mensuels): techaheadcorp.com
- 2026WorkOS, Everything your team needs to know about MCP in 2026 (standard de fait, gouvernance Linux Foundation, co-fondateurs OpenAI et Block): workos.com
- 2026Digital Applied, MCP Adoption Statistics 2026 (chiffres vérifiés, registre officiel proche de dix mille serveurs, prudence sur les chiffres gonflés): digitalapplied.com
- 2026Wikipédia, Model Context Protocol (chronologie d’adoption OpenAI et Google DeepMind): fr.wikipedia.org